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GEORGE (CLOONEY) CI PIACE

ottobre 13, 2010

Yesterday. George Clooney exits the West Wing after discussing his recent trip to Sudan and the genocide in Darfur with President Obama and the National Security Council’s human rights director at the White House. Image via Getty .

Si tratta del secondo incontro sul Darfur con Obama (il primo risale a febbraio 2009 in cui l’attore si incontrò anche con il vice Presidente Joe Biden). Round of applause per il commitment.


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  1. Beryl permalink
    novembre 1, 2010 5:11 am

    Quand l’action prime la réflexion

    Qui veut sauver le Darfour ?
    C’est l’engagement de l’acteur George Clooney qui a sans doute le plus marqué la campagne du mouvement américain Sauvons le Darfour (Save Darfur). Cette coalition, qui réunirait cent quatre-vingts associations, a organisé un lobbying efficace, jusqu’à obtenir l’inculpation du président soudanais Omar Al-Bachir par la Cour pénale internationale. Pourtant, si des millions de dollars sont récoltés, pas un cent ne va au Darfour. Il s’agit surtout de communiquer, et pas toujours avec rigueur.

    Par Mahmood MamdaniLe succès du mouvement Sauvons le Darfour (Save Darfur) rappelle d’autres épisodes de l’histoire des mobilisations populaires aux Etats-Unis : les mouvements antiguerre des années 1960 ou ceux qui dénonçaient l’apartheid dans les années 1980. Mais il s’en distingue à bien des égards. D’abord, parce qu’il n’est pas pacifiste. Ses slogans parlent d’eux-mêmes : « Que l’armée intervienne ! », « Quittons l’Irak ! Allons au Darfour ! »…

    Un responsable de l’action humanitaire de l’Organisation des Nations unies (ONU), interrogé au Soudan sur la part des 15 millions de dollars récoltés par Sauvons le Darfour qui était vraiment parvenue en Afrique, m’a répondu : « Zéro. » De retour à New York, j’ai appelé le siège du mouvement à Washington pour vérifier. « Nous ne sommes pas un bureau d’aide, m’entendis-je répliquer, notre but est seulement de plaider la cause des Darfouris. »

    Né en 2004, Sauvons le Darfour coaliserait, selon son site Internet, cent quatre-vingts associations — à l’origine, essentiellement des mouvements religieux, en particulier juifs et évangéliques — et mobiliserait 130 millions de personnes. Il prétend que le gouvernement du président Omar Al-Bachir perpétue un génocide dans l’ouest du Soudan depuis 2003 (1). Par ses pressions répétées et ses relais médiatiques autant que politiques, le mouvement a obtenu du gouvernement américain qu’il reprenne cette incrimination, avec toute sa charge symbolique, en 2004 (2).

    Sens aigu du marketing
    Pourtant, celle-ci ne résiste guère à l’examen des faits. De plus, le décompte des victimes est largement exagéré, y compris lors du pic de violence en 2003-2004. Le Government Accountability Office (GAO) — organe du Congrès des Etats-Unis qui contrôle la bonne gestion des programmes gouvernementaux — demanda à douze experts ce qu’ils pensaient des chiffres fournis, d’une part, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon laquelle 70 000 personnes seraient décédées au Darfour et, d’autre part, par les chercheurs de Sauvons le Darfour, qui avançaient le nombre de 400 000. Tous conclurent que l’estimation haute était la moins crédible, dans la mesure où elle se basait sur la généralisation abusive de cas isolés. Ils estimèrent que le Centre de recherche épidémiologique sur les catastrophes (en anglais, Center for Research on the Epidemiology of Disasters, CRED), un laboratoire belge, se rapprochait le plus de la vérité en évaluant les victimes à 118 142 (3). En outre, selon le CRED, la violence — qui serait responsable de « seulement » 35 000 morts — n’était pas l’unique cause de décès, la sécheresse et la désertification jouaient également un rôle meurtrier. Non seulement les campagnes organisées par Sauvons le Darfour gonflent les chiffres, mais elles induisent en erreur quant à la nature des événements (lire « Un conflit aux implications régionales »).

    D’ailleurs, si la Cour pénale internationale (CPI) a inculpé le président Al-Bachir de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans un mandat d’arrêt du 4 mars 2009, elle n’a pas repris l’accu-sation de génocide.

    Toutefois, les morts liées à la violence de la guerre civile ont nettement diminué à la fin 2004 lorsque l’Union africaine s’est impliquée dans la recherche d’un règlement pacifique du conflit. Selon M. Jan Eliasson, envoyé du secrétaire général de l’ONU, leur nombre est tombé à 150 par mois en moyenne entre janvier 2008 et avril 2009 (contre 200 par jour au début des hostilités). A ses yeux, le Darfour est confronté à un conflit de basse intensité qui ne relève plus de l’état d’urgence. Rien de moins évident pour ceux qui écoutent la propagande de Sauvons le Darfour. Le mouvement emploie à plein temps les services d’une agence de publicité qui a notamment publié une pleine page très remarquée dans le New York Times.

    Combinant les méthodes issues des mobilisations populaires des années 1960-1970 et le sens aigu du marketing de Madison Avenue, le mouvement a mis sur pied une dispendieuse campagne de communication. Son site (4) expose un catalogue d’atrocités : meurtres, viols, villages brûlés et même des jeux vidéo où des enfants sont la proie des milices janjawids (lire la note 1 de l’encadré). Tel qu’il est décrit, le Darfour est une région sans passé ni politique où règne le Mal. La violence est représentée de manière obscène, avec cette forme de voyeurisme où la fascination pour le sang excite celui qui regarde plutôt qu’elle ne l’incite à tenter de secourir la victime. L’accent est mis sur la punition, sur la désignation de coupables, sur la honte, pas sur la recherche de solutions. Sauvons le Darfour fonctionne comme la « guerre contre le terrorisme » : les enjeux réels sont secondaires et, la violence étant sa propre explication, seule une autre violence, présumée juste puisque ce sont les « bons » qui y ont recours, peut y répondre. Il suffit de supprimer le « méchant ». On sous-entend que les problèmes sont internes mais les solutions externes.

    Curieusement, la propagande de Sauvons le Darfour produit son impact le plus fort alors que son message perd en crédibilité. La comparaison avec les années 1960 permet de comprendre ce paradoxe. Les mouvements d’alors ont travaillé sur la pédagogie, confrontant la jeunesse (notamment les étudiants) au monde des chercheurs et des intellectuels. Sauvons le Darfour ne se positionne pas en éducateur mais en publicitaire, ne cherchant pas à informer mais à procurer du bien-être à son public en prétendant le placer dans la position du « juste ». Après les étudiants, il vise désormais plutôt les lycéens. Ceux-ci sont les « cousins » des enfants-soldats d’Afrique embarqués malgré eux dans la guerre. Les célébrités du spectacle ou du sport assument ainsi le rôle du joueur de flûte, dédaignant les exigences du débat et de l’éducation.

    Sauvons le Darfour a soigneusement travaillé son discours auprès des jeunes. Sa technique porte un nom : tirer les leçons du Rwanda. Il professe que, parfois, on n’a pas le temps de réfléchir ; on doit agir avant qu’il ne soit trop tard. Quel était l’intérêt de savoir ce qu’était un Tutsi ou un Hutu et pourquoi les premiers étaient assassinés par les seconds si, au moment de parvenir à la conclusion, les Tutsis étaient morts ? C’est cette dichotomie entre la pensée et l’action qui a rendu toute une génération si perméable à l’« effet CNN ». Cela revient à dire à un médecin confronté à un patient très malade qu’il n’a pas le temps de faire un diagnostic, juste d’administrer le médicament. Pis, cela signifie aussi qu’il n’est pas nécessaire de détenir un savoir particulier pour intervenir. Ceux qui sont les plus choqués sont les mieux placés pour agir. Il s’agit moins de soigner le patient que de soulager ceux qui regardent.

    Pourtant, la vraie leçon du Rwanda serait plutôt celle-ci : même si on ne dispose pas de toutes les connaissances, il ne faut jamais faire comme si le savoir n’avait pas la moindre importance ; la solution d’un conflit n’est pas militaire, mais politique : aucune paix durable ne peut être trouvée si elle ne s’ancre pas dans les réalités locales.

    Depuis 2003, les mobilisations les plus durables dans le monde étudiant et lycéen, aux Etats-Unis, ont été en faveur du Darfour, pas contre la guerre en Irak. Pourtant, les Américains auraient dû se montrer plus préoccupés par le Proche-Orient, où leur pays est directement impliqué. Quand les jeunes parlent de l’Irak, ils le font de manière politique : que se passera-t-il si nous quittons ce pays ? Les sunnites et les chiites vont-ils se battre ? Qu’adviendra-t-il des Kurdes ? Ils se jugent coupables ou impuissants, reconnaissant les limites de l’influence américaine. En revanche, lorsqu’ils évoquent le Darfour, ils ont l’impression de pouvoir faire quelque chose, ils se sentent enfin des sauveurs.

    Aux Etats-Unis, les gens sont très généreux quand il s’agit de donner à des associations, mais ils multiplient les ruses pour échapper à l’impôt. Une personne qui verse des millions de dollars à un organisme humanitaire peut en même temps consacrer des sommes astronomiques aux honoraires de l’avocat d’affaires qui lui débusquera des niches fiscales lucratives. Si on pousse le parallèle, le Darfour est un don, l’Irak est un impôt. Le Darfour est un refuge loin de l’Irak, un abri de substitution. Un endroit où l’on peut se sentir bien.

    Mahmood Mamdani

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